Le scénario des violences conjugales
La violence au sein d’un couple est un processus évolutif. Généralement, elle s’installe progressivement, voire de manière insidieuse.
Les violences conjugales se développent à travers des cycles dont l'intensité et la fréquence augmentent avec le temps, pouvant conduire la victime au suicide ou à des risques élevés d'homicide.
Elle débute par des remarques vexantes, des cris, des insultes et n’est pas toujours identifiée à ce stade, même par la victime.
Après une crise, s’installe une période de rémission. Le conjoint a alors tendance à regretter ce qu’il a fait et à vouloir se faire pardonner.
Craignant de perdre son partenaire, il minimise les faits, justifie son acte par le comportement de son conjoint, promet néanmoins de ne plus recommencer.
La victime se considère alors en partie responsable de ce qui vient de se passer.
Cette attitude entretient chez la victime l’espoir que son partenaire va changer et qu’il ne sera plus violent. Le couple entame une période qualifiée de «lune de miel».
La victime redécouvre un partenaire gentil, calme, prévenant et elle est encouragée à poursuivre ou à reprendre la vie commune et à oublier ce qu’elle a subi.
Mais, plus le cycle des violences se répète, plus l’emprise de la violence sur la victime est importante et plus les périodes de «lune de miel» sont courtes.
Les choses s’aggravent de plus en plus.
A partir de ce moment, la victime peut être exposée quotidiennement au mépris, au contrôle, aux agressions, vivant dans la peur, l'insécurité, s'ajustant aux besoins du conjoint, se centrant sur ses humeurs.
La victime se perçoit elle-même comme incompétente dans sa vie de couple et ailleurs, et se juge responsable de la violence du conjoint.
Dévalorisée à ses propres yeux, elle se sent incapable de faire évoluer et améliorer sa situation.
Les violences physiques augmentent jusqu’à aboutir dans certains cas à la mort par homicide ou par suicide.
Dans la pratique judiciaire, de nombreuses victimes introduisent plusieurs procédures de divorce qu’elles abandonnent tant qu’elles subissent encore la domination du partenaire violent.