L'aliénation parentale
Le parent qui obtient que la résidence principale des enfants soit fixée à son domicile n'a pas toujours la sagesse de veiller au maintien de bonnes relations avec l'autre parent.
Certains parents s'appliquent à détruire l'image de l'autre parent dans l'esprit des enfants.
Ils mettent tout en œuvre pour le tenir à l'écart, voire le priver de tout contact avec les enfants et ce sans se préoccuper des séquelles psychologiques irréversibles que cela peut entraîner.
Ce phénomène dénommé « aliénation parentale » a été découvert et analysé depuis plus de 20 ans par Richard A.GARDNER Professeur de pédopsychiatrie à l'université de Columbia USA.
Il s'agit d'un désordre psychologique qui atteint l'enfant lorsque l'un des parents lui fait subir « un lavage de cerveau » visant à détruire l'image de l'autre parent.
Ceci amène l’enfant à faire indissolublement corps avec le parent aliénant, conformément au désir de celui-ci, en rejetant et diabolisant l’autre parent qu’il aimait pourtant auparavant.
Selon la description faite par Richard GARDNER, quatre critères permettent d’identifier l’action du parent aliénant :
- l'entrave à la relation et au contact de l’enfant avec l’autre parent ;
- les fausses allégations d'abus divers ;
- la réaction de peur des enfants ;
- la détérioration de la relation depuis la séparation.
Richard GARDNER décrit 8 manifestations cliniques chez l'enfant :
- le dénigrement du parent aliéné ;
- l'absence ou la quasi-absence d'explications par l'enfant de son attitude vis-à-vis du parent aliéné ;
- l'extrême certitude de l'enfant dans ses propos ;
- la sensation d'indépendance de l'enfant qui pense ne pas être influencé ;
- le soutien absolu de l'enfant au parent aliénant ;
- l'enfant ne se sent absolument pas coupable de ses actes de dénigrement ;
- les inventions par l'enfant de faits n'ayant jamais eu lieu ;
- les proches du parent aliéné font aussi l'objet de dénigrement par l'enfant.
L'aliénation parentale est un syndrome psychologique qui, est malheureusement trop courant et met l'enfant en danger.
Il est difficile de contrecarrer un syndrome d'aliénation parentale en place.
Il faut pouvoir diagnostiquer au plus tôt le risque d’apparition de ce syndrome et prendre les mesures judiciaires appropriées qui peuvent aller jusqu'à un changement de la résidence principale de l'enfant.
Toutefois, en France cette réalité est malheureusement trop souvent ignorée par les juridictions spécialisées, qui relèvent pourtant fréquemment les notions de «conflit de
loyauté » ou «d'instrumentalisation des enfants».
La Cour Européenne des droits de l'homme a situé le débat sur le terrain de l'article 8 de la Convention qui implique le droit d'un parent à des mesures propres à le réunir à son enfant et l'obligation pour les autorités nationales de faire appliquer ces dispositions.
Cette juridiction a d’ailleurs rendu une décision encore plus explicite le 18 janvier 2007 sur le thème de l'aliénation parentale (Zavrel cl Rép.tchèque, n° 14044/05).
Une jurisprudence du Juge aux Affaires Familiales de TOULON du 4 juin 2007 fait également expressément référence au syndrome d'aliénation parentale.